Les prénoms au Brésil, en psychogénéalogie, révèlent l’histoire coloniale, le métissage et la transmission transgénérationnelle. Découvrez ces mémoires et rencontrez Monica Justino à Lyon. Les prénoms au Brésil : une lecture en psychogénéalogie à la lumière de l’histoire

Quand les prénoms portent la mémoire coloniale, le métissage et la résilience

Les prénoms au Brésil, lorsqu’on les observe à travers le prisme de la psychogénéalogie, racontent une histoire bien plus vaste que celle d’un individu. Ils sont les témoins d’un passé collectif marqué par la colonisation portugaise, l’esclavage, le déracinement des peuples autochtones, le métissage culturel et un profond syncrétisme spirituel. Chaque prénom porte en lui une mémoire transgénérationnelle, parfois douloureuse, parfois créative, souvent les deux à la fois.

Colonisation, esclavage et effacement des identités

Dès le XVIᵉ siècle, la christianisation imposée par la colonisation portugaise a profondément transformé les pratiques de nomination. Les populations autochtones et africaines réduites en esclavage se voyaient attribuer des prénoms chrétiens lors des baptêmes : Maria, José, João, Antônio. Ce changement de prénom constituait une rupture symbolique avec la filiation d’origine.

En psychogénéalogie, ce phénomène peut être lu comme un traumatisme collectif majeur : perdre son prénom, c’est perdre un lien direct à ses ancêtres. Pourtant, ces prénoms imposés ont aussi été des outils de survie, permettant une forme de reconnaissance sociale minimale et parfois une protection relative.

Maria et José : prénoms-refuges, prénoms de loyauté

Comme dans d’autres territoires marqués par le catholicisme, Maria et José occupent une place centrale au Brésil. Souvent déclinés en prénoms composés (Maria das Dores, Maria Aparecida, José Carlos), ils portent une forte charge symbolique.

Dans une lecture psychogénéalogique, ces prénoms peuvent agir comme des prénoms-refuges, destinés à contenir la souffrance, la foi, la résignation ou l’espérance d’une lignée. Ils traduisent parfois une loyauté inconsciente à la douleur maternelle, à l’absence paternelle ou à une histoire familiale marquée par le silence et l’adaptation.

Métissage, invention et désir de transformation

Le Brésil est un pays de métissage profond. À partir du XXᵉ siècle, les prénoms deviennent un espace de créativité : prénoms inventés, anglo-saxons ou phonétiquement transformés (Anderson, Jéssica, Wellington, Daiane).

En psychogénéalogie, ces choix peuvent être interprétés comme des tentatives de réparation symbolique : donner à l’enfant un prénom « nouveau », différent, porteur d’un ailleurs, pour l’aider à sortir d’un destin familial répétitif ou marqué par la précarité.

Spiritualité et transmission invisible

La spiritualité brésilienne est marquée par un fort syncrétisme entre catholicisme, candomblé, umbanda et traditions indigènes. Certains prénoms renvoient à des saints tout en étant liés à des divinités africaines, traduisant une double appartenance symbolique.

Ces prénoms deviennent alors des lieux de résistance silencieuse, de transmission cachée, où l’âme familiale continue de parler malgré l’effacement historique.


Un pont vivant entre le Brésil et l’Europe : le symposium à Lyon

Lors du symposium international de psychogénéalogie, nous aurons la joie d’accueillir Monica Justino, qui œuvre activement au développement de la psychogénéalogie au Brésil. Son travail fait le lien entre histoire collective, mémoires familiales et accompagnement thérapeutique.

À cette occasion, nous invitons chaleureusement toutes les personnes brésiliennes et portugaises vivant ou de passage à Lyon à venir la rencontrer. Sa présence est une opportunité rare de croiser les regards, les cultures et les mémoires transgénérationnelles entre l’Europe et l’Amérique latine.


Conclusion psychogénéalogique

Les prénoms au Brésil, observés à travers la psychogénéalogie, révèlent des histoires de pertes, de transformations et de résilience. Ils sont des témoins vivants de la capacité des lignées à survivre, à se réinventer et à transmettre, même dans le silence.

Interroger son prénom, c’est parfois renouer avec une histoire plus vaste que soi, et ouvrir un chemin de réconciliation avec ses origines.


Questions

  • Connaissez-vous l’origine et la signification de votre prénom ou de vos prénoms ?
  • Portez-vous un prénom très répandu dans votre famille ou votre culture ?
  • Votre prénom vous semble-t-il choisi par amour, par foi, par réparation ou par rupture ?
  • Et si votre prénom était le messager d’une histoire familiale encore en attente d’être reconnue ?

🌿 Invitation à l’atelier de Monica Justino

Invitation – Atelier de Monica Justino

Dans le cadre du Symposium international de psychogénéalogie, nous aurons l’honneur d’accueillir Monica Justino, qui œuvre depuis de nombreuses années au développement de la psychogénéalogie au Brésil.

Elle animera un atelier intitulé :

« Quand l’autre se tait, qu’est-ce qui résonne en moi »

Cet atelier propose une exploration sensible et profonde des résonances intérieures provoquées par le silence, les non-dits et les mémoires transgénérationnelles. Il s’adresse à toute personne désireuse de mieux comprendre ce qui se rejoue dans la relation à l’autre, au-delà des mots.

👉 Nous invitons tout particulièrement les personnes brésiliennes et portugaises présentes à Lyon, ainsi que toute personne intéressée par la psychogénéalogie et les transmissions invisibles, à venir rencontrer Monica Justino et vivre cette expérience unique.